Exposition Licornes ! au musée de Cluny : exploration d’un mythe universel

Depuis le 10 mars et jusqu’au 12 juillet 2026, le musée de Cluny à Paris présente l’exposition Licornes ! en partenariat avec le musée Barberini de Potsdam. Un évènement à ne pas rater, qui emmène le visiteur dans un voyage à travers les siècles et les cultures, à la découverte de cet animal mythique universel.

Quel est le point commun entre une startup valorisée un milliard d’euros, la communauté LGBT, la dynastie des Hans du IIIe siècle chinois, le livre de la Genèse, l’art contemporain ou la littérature courtoise du Moyen Âge ?

La licorne, puisqu’il s’agit d’elle, est décidément bien mystérieuse : son universalité traverse les âges, transcende les époques et les cultures. Et à en croire la foule qui se presse à l’exposition « Licornes ! », organisée par le Musée de Cluny, en partenariat avec le musée Barberini de Potsdam, la fascination pour cette créature mythique reste aujourd’hui encore extraordinairement vivace.

Omniprésente dans la culture populaire, la licorne demeure pour chacun nimbée de mystères. Et c’est là l’une des grandes réussites de cette exposition : elle décrypte toutes les facettes de cet animal légendaire sans trop dévoiler ses secrets. Ainsi, on continue de rêver.

La licorne, photographie de Marie-Cécile Thijs - 2012
Marie-Cécile Thijs 2012 Photographie Amsterdam, SmithDavidson Gallery ©Adagp, Paris, 2026 – Marie-Cécile Thijs

L’histoire de la licorne : des origines asiatiques aux légendes médiévales

Pendant longtemps, l’existence réelle des licornes était considérée comme un fait avéré. Les Grecs antiques assurent en avoir croisé en Inde. Au Moyen-Âge, on les signale dans les forêts d’Europe ou du Proche-Orient. À partir de la Renaissance, on assure qu’elles peuplent aussi l’Arabie, l’Afrique, mais aussi le Tibet, la Sibérie ou l’Amérique. Il faut attendre le XVII° pour qu’un début de consensus scientifique s’accorde sur l’inexistence de la licorne.  La « corne de Licorne » devient ce qu’elle est : une dent de narval.

Aujourd’hui, on associe facilement la licorne aux contes et légendes du Moyen-Âge. En réalité, elle apparaît au début du 1er millénaire en Asie. L’exposition présente d’ailleurs la plus ancienne représentation de licorne connue à ce jour : un tout petit sceau originaire d’un territoire qui deviendra bien plus tard le Pakistan. L’animal est ensuite présent dans la Bible, dans les écrits d’Aristote ou ceux de Pline l’Ancien.

Gazelle unicorne originaire du Tibet, XVIIIe siècle
Gazelle unicorne originaire du Tibet, XVIIIe siècle, en alliage cuivreux et dorure au mercure – Zurich, Museum Rietberg RTI 1© Museum Rietberg Zürich / photo Rainer Wolfsberger.

La Licorne, animal multiple et symbolique

La fameuse jument chevaline, blanche et majestueuse, comme la représente la splendide Licorne de la photographe Marie-Cécile Thijs (également visible au Musée de Cluny) n’est apparue qu’à la fin du Moyen-Âge. Avant cela, elle peut être un assemblage chimérique, aux aspects variés selon l’imagination des auteurs : tête de cerf, pieds d’éléphant, queue de sanglier.  Une chose est certaine en revanche, c’est un quadrupède doté d’une corne unique sur le front, même si les points de vue divergent concernant la taille et la forme de cet attribut. Selon les écrits, la licorne pouvait aussi être plus proche d’un âne ou d’un bovidé que d’un cheval. Certains en font même un proche parent du dragon.

Cette diversité des représentations explique aussi les multiples significations symboliques attribuées à la licorne. Sauvage ou guérisseuse, agressive ou protectrice selon les époques et les lieux, elle a symbolisé le Christ rédempteur comme l’amant malheureux, la folie guerrière comme la pureté virginale. À elle seule, la licorne est un condensé de l’histoire universelle.

Tableau d'une fille et licorne, peint à Venise vers 1510.
Jeune Fille et licorne Venise, vers 1510 Huile sur toile Amsterdam, Rijksmuseum SK-A-3970 © Rijksmuseum, Amsterdam

La licorne, icône contemporaine

Voilà aussi ce qui permet aux artistes contemporains de renouveler le mythe et de l’adapter aux grands enjeux de l’époque. Ils en font un animal qui exalte la place de la femme ou qui pose la question de notre rapport à la nature et à l’écologie.  L’exposition présente ainsi une licorne de Niki de Saint Phalle, ou encore la tapisserie de Suzanne Hubsky, La noble pastorale, largement inspirée de la tenture de La Dame à la licorne, chef d’œuvre incontournable de la collection permanente du musée de Cluny.

Malgré tout, quelle que soit l’époque, une constance demeure : le caractère magique et exceptionnel de la licorne. Voilà pourquoi elle est aussi érigée en symbole de réussite dans l’univers de startups ou de la liberté d’être soi dans la communauté LGBT+.

Les 9 étapes du parcours au Musée de Cluny

L’exposition illustre cette universalité en 9 grandes sections.

  • Licorne universelle.
  • Licorne Zoologique.
  • Licorne voyageuse.
  • Licorne sauvage et combattante.
  • La licorne christique et guérisseuse.
  • La licorne chaste et amoureuse.
  • Licorne merveilleuse.
  • Licorne symbolique.
  • Licorne inspirante.

Chacune d’elles offre son lot de découvertes, avec des œuvres souvent exceptionnelles. Ce voyage à travers le temps et l’imaginaire dure jusqu’au 12 juillet 2026. Courez-y !

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